Rédactionnel

Catégorie : « Culture »

Extrait de note musicologique : les six premières « Chimères » de Gérard de Nerval

mises en musique par François Grandsir

Programme de concert (Loco Dolenti)

dans le cadre de la saison "Les MusiVales" du Pays de Valois

2007

Gérard de Nerval, de son vrai nom Gérard Labrunie, naît à Paris le 22 mai 1808. Deux ans plus tard, sa mère meurt en Silésie alors qu’elle accompagnait son mari, médecin militaire de l’armée napoléonienne. Gérard est élevé par son grand-oncle maternel, Antoine Boucher, dans la campagne valoisienne, à Mortefontaine. Installé à Paris en 1814 lors du retour de son père, il reviendra régulièrement dans cette région qu’il évoque dans quelques unes de ses nouvelles, en particulier dans « Sylvie », un des textes qui compose le recueil « Les Filles du feu » publié en 1854.

Lycéen, il se signale par des traductions de Faust et d’autres œuvres de Goethe qui sont encore aujourd’hui considérées parmi les meilleures jamais exécutées. La première, simplement signée « Gérard », paraît en novembre 1827 et ne porte que sur la première partie de la pièce du grand poète et dramaturge romantique allemand, la seule connue alors. Goethe appréciait grandement la qualité de ce travail et remarqua son inspiration, allant jusqu’à dire qu’il aurait écrit sa pièce ainsi s’il avait dû l’écrire en français. C’est cette traduction qui inspirera Berlioz pour écrire « La Damnation de Faust ». Gérard de Nerval se lie d’amitié avec Théophile Gautier et fréquente Victor Hugo. Il prend part activement du côté des « modernes » à la « bataille d’Hernani » déclenchée le 25 février 1830 autour de l’œuvre d’Hugo. Vers 1835, il s’installe rue du Doyenné chez Camille Rougier. Tout un groupe romantique s’y retrouve alors et c’est le temps de la « Bohême galante ». Il décrira cette époque dans un ouvrage sur le théâtre contemporain paru en 1852.

Épris de l’actrice Jenny Colon, Nerval lui voue un culte idolâtre qui prend des formes nouvelles à la mort de celle-ci : figure de la Mère perdue, mais aussi de la Femme idéale où se mêlent, dans un syncrétisme caractéristique de la pensée de Nerval, Marie, Isis et la Reine de Saba…

À partir de 1841, il connaît plusieurs crises de démence qui le conduisent à la maison de santé du docteur Blanche. Dès lors, ses séjours dans cet établissement alternent avec ses voyages en Allemagne ou au Moyen-Orient. Son « Voyage en Orient » sera publié en 1851. Il affirme dans une lettre au docteur Blanche datée du 22 octobre 1853, avoir été initié aux mystères druzes lors de son passage en Syrie, où il aurait atteint le grade de « refit », l’un des plus élevés de cette confrérie. Toute son œuvre est fortement teintée d’ésotérisme et de symbolisme, notamment alchimique, ainsi que de légendes fantastiques et de cultes antiques, mais également parfois d’une étonnante fantaisie.

Dans les années 1844 à 1847, Nerval voyage beaucoup (Belgique, Hollande, Londres, ainsi que dans les environs de Paris) et rédige des reportages et impressions de voyages correspondants. En même temps, il travaille comme nouvelliste et auteur de livrets d’opéra ainsi que comme traducteur des poèmes de son ami Heinrich Heine. Ses dernières années sont marquées par la détresse matérielle et morale et par l’écriture de ses principaux chefs-d’œuvre réalisés pour se purger de ses émotions sur les conseils du docteur Blanche : « Les Filles du feu » (1853), « Aurélia ou Le Rêve et la vie » 1855) et le recueil « Les Chimères » (1854) dont sont tirés les sonnets que nous entendrons ce soir mis en musique par François Grandsir.

On retrouvera le poète pendu à la grille d’un bouge, rue de la Vieille-Lanterne à Paris le 26 janvier 1855, dans le « coin le plus sordide qu’il ait pu trouver », comme l’a noté Charles Baudelaire.

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Catégorie : « Culture »

Extrait de note musicologique : Rhapsody In Blue (George Gershwin)

Programme de concert (Dialogue à quatre mains)

dans le cadre de la saison "Les MusiVales" du Pays de Valois

2007

« Rhapsody In Blue » de George Gershwin

Les premières tentatives d'utiliser des éléments venus du jazz (rythmes et harmonies) dans l’écriture classique ont été faites en Europe. En France, par Darius Milhaud (« La Création du monde » en 1923) et Claude Debussy, entre autre avec le « Cake-Walk » qui ouvre le concert de ce soir, ainsi que par Igor Stravinsky.

Gershwin, qui avait voyagé à plusieurs reprises en Europe, avait entendu parler de ces travaux. Sa « Rhapsody In Blue » est le fruit d’une commande du chef d’orchestre Paul Whiteman (baptisé « le Roi du jazz » dans les années 20), pour son big band. Elle fut composée en hâte pour le piano et arrangée pour grand orchestre de jazz par Ferde Grofé, l’orchestrateur de l’ensemble de Whiteman. Le chef de l’Orchestre Symphonique de New-York, Walter Damrosch, qui assistait à la première, fut si impressionné qu’il passa commande à Gershwin d’une œuvre symphonique qui devait aboutir au célèbre Concerto pour piano en fa. Ferde Grofé réalisa plus tard une seconde orchestration de la Rhapsody, cette fois pour orchestre symphonique, celle qui est universellement connue.

La version pour piano à quatre mains que nous entendrons ce soir est due à l’arrangeur Henry Levine. Afin de fermer la boucle, notons que le compositeur, après avoir écrit son magnifique concerto pour piano (cette fois entièrement de sa main) et l’avoir joué au Carnegie Hall avec le New-York Symphony Orchestra, revint pour la dernière fois à Paris en 1928 et y rencontra les compositeurs français les plus éminents de l’époque. La même année, Maurice Ravel était pour cinq mois aux Etats-Unis d’où il ramena les influences sonores et culturelles qui nourriraient ses deux concertos pour piano.

Gershwin, de son côté, rapporta aux U.S.A. le matériel qui lui servirait à composer « Un Américain à Paris », abondant de folklore et de clichés parisiens, juste retour des choses en quelque sorte, et début d’un échange ininterrompu jusqu’à nos jours, dans les milieux du jazz, entre les deux rives de l’Atlantique.

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Catégorie : « Culture »

Extrait de note musicologique : Luth et guitare, un peu d'histoire

Programme de concert (Pincements de cordes)

dans le cadre de la saison "Les MusiVales" du Pays de Valois

2009

Luth et guitare, un peu d’histoire

Ces deux instruments à cordes pincées ont connus des histoires étonnamment parallèles. La première représentation connue d’un instrument ressemblant au luth figure sur un bas-relief du temple de Hammurabi, en Mésopotamie (l’actuel Irak) et date de 1750 ans avant notre ère. On le retrouve peint dans le tombeau du pharaon égyptien Ahmôsis vers –1500. Il se répand dans tout le monde arabo-musulman sous le nom de oud (bois). Il est exporté par la route de la soie jusqu’en Chine sous le nom de pipa et au Japon sous celui de biwa ; on le retrouve en Europe, apporté d’un côté par les Turcs qui le répandent en Grèce sous le nom de outi et enfin par les Sarrasins en Espagne au dixième siècle, où il est l’instrument roi de la musique arabo-andalouse, en particulier sous les doigts d’un compositeur célèbre, auteur de milliers de morceaux encore joués de nos jours et lui-même musicien virtuose, Abdoul El Hassan Ali Ben Nafiq, plus simplement connu sous le nom de Zyriab, qui en est alors le plus important représentant.

Mais il se trouve que ce Zyriab est également rien moins que l’inventeur de la guitare moderne dont la forme et les dimensions seront plus tard définitivement fixées par le luthier espagnol Antonio de Torres en 1874. La guitare, sous une forme plus primitive, existait bien avant, en fait depuis trente siècles au moins avant l’ère chrétienne et son origine est persane.

Le luth, dont le nom dérive de son nom arabe précédé de l’article (al oud) ainsi que, entre autres, la mandoline, la mandole, le bouzouki et le théorbe en sont des évolutions. Sur la plupart de ces instruments, on retrouve le caractéristique dos lamellé-collé fait de nombreuses bandes de bois effilées à chacune de leurs extrémités et finement ajustées pour former la caisse de résonance. La principale évolution entre le oud et le luth est l’apparition des frettes qui le rendent compatible avec l’approche occidentale “tempérée” de la gamme.

L’influence de Zyriab se ressent énormément sur les premières compositions européennes pour le luth, comme les œuvres du roi de Castille Alphonse X (Las Cantigas de Santa Maria) et sur les origines du flamenco. Le luth cesse d’intéresser les compositeurs et le public au dix-huitième siècle et ne sera redécouvert qu’à la fin du dix-neuvième pour connaître une véritable renaissance dans la seconde moitié du vingtième sous l’essor du renouveau de la musique dite “baroque”.

La guitare, pour sa part, connaîtra le développement que l’on sait, évoluant vers des formes différentes, folk à cordes d’acier, jazz, électriques et même numériques, instrument roi des musiques populaires du monde entier, prolongeant sans les conclure cinq mille ans de règne pour ce modeste instrument de bois.

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Catégorie : « Culture »

Extrait de note musicologique : les quatuors n° 2 & n° 15 de Beethoven

Programme de concert (intégrale des quatuors de Beethoven)

Concert du quatuor Joachim (composé des quatre chefs des pupitres cordes de l’Orchestre régional de Picardie

en la chapelle du Carmel à Abbeville (Somme)

2011

Avant-dernière œuvre du recueil opus 18 des six premiers quatuors, celui-ci, composé en 1799, est en fait le quatrième dans l’ordre de leur écriture. Il fait donc chronologiquement suite au deuxième quatuor que vous avez pu entendre ici-même le 9 mars et fut composé à la même période, tout comme le célèbre septuor opus 20 qui valut à son auteur un tel succès public qu’il finit par s’en irriter ! Période féconde donc ; rappelons que le jeune pianiste a alors vingt-neuf ans et connaît un vif succès auprès du public viennois. On évoque souvent pour cette œuvre l’influence de Mozart, et en particulier de son dix-huitième quatuor (tonalité, construction, thématique), contrairement au précédent qui serait plutôt marqué par l’empreinte de Haydn, maître de musique de Beethoven. Mais si l’on veut bien considérer que cette œuvre de Mozart, que Beethoven admirait en effet, avait elle-même été dédiée par son compositeur à ... Haydn, on voit que le cercle des références se referme ! Le jeune Beethoven est en effet encore très influencé par ses maîtres et illustres prédécesseurs.

Il n’en va pas de même pour le huitième quatuor en mi mineur, deuxième du recueil opus 59 qui en comporte trois. Nous sommes en 1806 (l’œuvre ne sera créée qu’en 1809) ; Beethoven a maintenant trente-six ans. La surdité qui va progressivement le couper du monde se fait déjà sentir depuis plusieurs années et a commencé à affecter son caractère. Sur le plan musical, il est entré dans l’âge de la maturité et c’est maintenant aux œuvres qu’il crée que se référeront les compositeurs de la génération suivante, comme Robert Schumann à propos de ce recueil. Il est aussi entré dans le temps de l’incompréhension de ses contemporains pour qui il écrit là une « musique de cinglé ». Lui, bien-sûr, n’en a cure et leur répond : « ce n’est pas pour vous, c’est pour les temps à venir » ! Il n’est donc pas exagéré d’avancer qu’à partir de ce moment, Beethoven compose pour nous ! Et c’est avec la plus grande générosité qu’il nous gratifie d’un lyrisme mélodique d’une grande profondeur, que l’on retrouvera dans les deux autres pièces du même recueil aussi bien que dans les grandes sonates pour piano, comme la “Waldstein” qu’il compose en parallèle.

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Catégorie : « Culture »

Communiqué de presse : « Chopin, Schumann, une correspondance »

Concert-lecture avec le quatuor Alba et Marie-Christine Barrault

2010

Samedi 20 novembre à 20 heures 30, salle « La Chênaie » à Lévignen (Oise), aura lieu le troisième spectacle des MusiVales, la saison itinérante de la Communauté de communes du Pays de Valois.

Les MusiVales reçoivent à cette occasion le quatuor Alba et la comédienne Marie-Christine Barrault autour d’un programme hautement romantique : la musique et les correspondances humaines et artistiques qui relient Frédéric Chopin à Robert Schumann. La première et la plus évidente (si ce n'est la plus signifiante) de ces « correspondances » est … leur année de naissance, 1810, dont nous fêtons cette année le bicentenaire. Mais au-delà de cette coïncidence anecdotique, « Chopin a fantastiquement traité ces idées, ici les enveloppant, là les découvrant, si bien qu’elles résonnent longtemps encore à l’oreille et au cœur de l’auditeur » ; ces quelques lignes écrites par Schumann à propos du « Duo sur les thèmes de Robert le Diable », qui est au programme de cette soirée, donnent une idée de la considération dans laquelle se tenaient les deux hommes.

C’est avec enthousiasme que Marie-Christine Barrault, passionnée par la musique et les musiciens, a accepté d’en tisser le fil conducteur. Le quatuor Alba déroulera pour nous ce fil virtuose et romantique à travers trois de leurs œuvres maîtresses.

Outre le duo déjà cité, nous entendrons le trio opus 8 de Chopin et le somptueux quatuor avec piano opus 47 de Schumann. Dans ce répertoire chaleureux où la virtuosité n’est au service que de l’émotion, le quatuor Alba peut au mieux laisser s’épanouir le fruit de la complicité d’une relation fertile.

Renseignements et réservations (…).

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Catégorie : « Culture »

Communiqué de presse : Haydn, Strauss, Schulhoff

Concert donné par l'Orchestre régional de Picardie dirigé par Jurjen Hempel

2012

Comme chaque année, c'est cette fois le 31 mars que la saison de concert recevra, à Péroy-lès-Gombries, les musiciens du prestigieux Orchestre de Picardie. Cette formation symphonique qui prend très à cœur sa mission de service public aborde des répertoires variés, incluant systématiquement dans ses programmes une pièce d'un compositeur contemporain, et invite chaque saison jeunes talents et solistes confirmés.

Ainsi, c'est le chef néerlandais Jurjen Hempel, remarqué par Seiji Ozawa, brillant élève de Bernard Haitink et Lorin Maazel, lauréat du concours Sibelius en 1996 à Helsinki, qui sera cette année aux commandes de ce bel ensemble, fleuron de la région.

Avec en soliste Laurent Rannou, habituel titulaire du poste de violoncelle solo dans l'orchestre, l'Orchestre de Picardie nous propose quatre œuvres symphoniques.

Le Concerto en ré pour violoncelle de Haydn devrait trouver un prolongement naturel dans les chaudes sonorités (encore très romantiques…) d’une page de jeunesse de Richard Strauss. La magnifique et prophétique quatrième symphonie de Beethoven qui, rompant avec le classicisme des trois précédentes, annonce déjà le tournant du romantisme, terminera ce concert.

Mais il faudra prêter une oreille attentive à la pièce rare donnée en ouverture : une fraîche et décapante illustration d'une comédie de Molière, le « Bourgeois gentilhomme », par un compositeur avant-gardiste tchèque des années vingt, Erwin Schulhoff, qui rappelle l'esprit de l'« Histoire du soldat » de Stravinsky.

Les réservations peuvent se faire en ligne (...).

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Catégorie : « Culture »

Communiqué de presse : « Jean-Jacques Rousseau, compositeur »

Compte-rendu de presse de la représentation du « Devin du village », « intermède » lyrique de Jean-Jacques Rousseau

Dans le cadre de la célébration du tricentenaire de la naissance du musicien-philosophe

organisée par le Conseil départemental de l'Oise au parc Jean-Jacques Rousseau d'Ermenonville.

2012

Le 2 juillet mourait à Ermenonville Jean-Jacques Rousseau. Deux jours plus tôt, mais trois cents ans plus tard (c’est à dire hier !), dans le parc qui porte maintenant son nom et à deux pas de l’Île des peupliers où il fut inhumé, « Le Devin du village », le charmant petit opéra qu’il écrivit à quarante ans, fut donné grâce à la formidable hospitalité du Conseil général, dans le cadre de la commémoration de ce tricentenaire.

Quel plaisir que d’entendre à nouveau résonner sous ces arbres multi-centenaires les mélodies entraînantes qui eurent tant de succès lors de leur création (plusieurs centaines de représentations !) avant de tomber dans un oubli injuste. L’argument peut certes sembler futile (l’amour, d’abord déçu, peut-être trompé, entre une jeune bergère et son charmant berger va être sauvé par les conseils avisés – et quelque peu manipulateurs – du devin de leur village qui va conseiller à la jeune Colette de feindre de s’éloigner de son Colin afin de le rendre jaloux et ainsi se l’attacher à jamais), mais le metteur en scène, Bernard Namura, a tenu à pousser plus loin le degré de lecture et à montrer comment ce court et léger divertissement – qui inspira au jeune Mozart son premier opéra, « Bastien et Bastienne » – contient en essence beaucoup des thèses qui seront développées par le philosophe, ainsi que ses penchants naturels (et naturalistes) : mise en avant des valeurs authentiques des gens simples de la campagne par opposition à l’artificiel décadent des modes de vie citadins et aisés, contemplations, rêveries ; « il y a tout Rousseau dans le Devin du village », écrit-il.

Un mot de la réalisation : franc succès des trois solistes dont les très belles voix ont conquis le public par leur charme évocateur. Des costumes colorés, un éclairage subtil, un décor reprenant dans le même esprit naïf au second degré les motifs traditionnels de la toile de Jouy, une figuration junior nombreuse – les « enfants du village » –, une sonorisation discrète mais nécessaire en extérieur, et surtout la mise en scène brillante et dynamique, tout concourait au plaisir des sens.

L’orchestre était dirigé par Thierry Pélicant, un habitué des MusiVales, chef titulaire de l’Orchestre philharmonique de l’Oise et directeur musical de Montivilliers, un véritable spécialiste de la musique française, lui-même compositeur talentueux. Plus d’une heure de pur bonheur.

Et pour ceux qui auront raté ça, une séance de rattrapage est prévue samedi prochain, 7 juillet, au même endroit, et à la même heure (21h15).

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Catégorie : « Culture »

Présentation biographique : Daniel Pennac

Travail réalisé à la demande de l'Université Toulouse-Jean-Jaurès

2014

Daniel Pennac (de son vrai nom Daniel Pennacchioni) est né le 1er décembre 1944 à Casablanca au Maroc. Il est le quatrième et dernier enfant de sa famille. Son enfance est « voyageuse » dans la mesure où sa famille suit le père, militaire de carrière, au gré de ses affectations en Afrique ou Asie du Sud-Est.

Est-ce ce changement perpétuel qui fait de cet enfant un cancre ? Il entretien un rapport difficile à la lecture et à l'écriture et il est en effet régulièrement parmi les derniers de ses classes. Il pense échouer au baccalauréat, n'avoir aucun avenir. Malgré ces obstacles, pendant ses années de pensionnat, il se réfugie dans la lecture et c'est ce qui lui sauvera la mise : il obtient une maîtrise de lettres et exerce comme professeur à Soissons, puis à Paris avant de se lancer dans l'écriture à son retour du Brésil. Il écrira trois ouvrages puis entamera l'écriture de sa saga autour de la famille Malaussène, inspirée par sa nostalgie d'enfant pour le foyer et la tendresse pour une famille d'élection : « Au Bonheur des ogres » (1985), « La Fée Carabine » (1987), « La Petite Marchande de prose » (1989), « Monsieur Malaussène » (1995)… Il écrira également pour les enfants.

Daniel Pennac tire de son enfance et de ses rapports à la lecture une certaine colère, une certaine frustration. Il mène une réflexion personnelle sur ce qu'est (ou devrait être selon lui) un pédagogue, à savoir celui qui nourrit de savoir, qui éveille la curiosité, qui stimule l'aptitude critique ; bref, celui qui fait de nous des êtres réfléchis, ouverts et tolérants. Il oppose ce concept à celui de démagogue, c'est à dire celui qui, toujours selon lui, substitue le slogan à l'esprit critique, la rumeur aux faits établis, les convictions aveugles aux doutes éclairés et les croyances au savoir.

Dans sa réflexion, il opposera les « gardiens du Temple » qui ont contribué à faire du mot « intellectuel » une insulte aux « passeurs » : les parents d'abord qui souhaitent que leurs enfants apprennent le plaisir de lire, les professeurs de littérature qui, par leur passion du texte, donnent l'envie de se précipiter dans les librairies, les libraires qui initient aux voyages entre thèmes, auteurs, époques, les bibliothécaires capables de dire les romans qu'ils hébergent…

L'un de ses credo est de faire aimer la lecture, arguant que l'« on ne force pas une curiosité, on l'éveille ».

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Catégorie : « Culture »

Présentation biographique et littéraire : H. G. Wells et le « merveilleux scientifique »

Travail réalisé à la demande de l'Université Toulouse-Jean-Jaurès 2014

H. G. Wells est mondialement connu comme un des pères de la littérature de science-fiction, au côté de Jules Verne et, dans une moindre mesure, des précurseurs comme Edgar A. Poe et Mary W. Shelley, mais cela ne doit pas cacher une production importante et engagée en tant que romancier « réaliste » et essayiste didactique dans des domaines comme l'histoire mondiale, la prospective, la sociologie de la classe moyenne laborieuse dont il est issu, le combat contre le racisme et la politique. Né en 1866 dans le Kent, il meurt à Londres en 1946.

Son enfance plutôt difficile dans une famille aussi peu unie qu'aisée ne semblait pas le prédisposer à la carrière dans le monde des idées et des lettres dont sa vie fut faite. Très jeune néanmoins, il se passionne pour la lecture, dévorant la bibliothèque d'Uppark (Sussex) où il passe son adolescence auprès de sa mère qui y a trouvé un emploi de femme de chambre. Après diverses tentatives, d'apprentissages en petits métiers, une modeste bourse d'étude lui permet de compléter une formation par ailleurs essentiellement autodidacte en suivant entre autre le cours de biologie du célèbre Thomas Henry Huxley, ardent défenseur de Darwin (et incidemment grand-père de l'auteur de Brave New World !) à la Normal School of Science de Londres. Il y pratique également l'enseignement supervisé (« pupil-teacher ») auprès d'étudiants plus jeunes et y participe activement aux clubs de réflexion grâce auxquels il s'oriente progressivement à la fois vers un engagement socialiste réformateur qui sera toute sa vie fort et continu, et vers l'écriture. C'est dans ce cadre qu'il participe à la création du journal de l'école dans lequel sera publié en 1888 son premier récit, prémices de « La Machine à explorer le temps » (The Time Machine) sous le titre The Chronic Argonauts.

Sa production dans le domaine de la littérature dite de science-fiction compte cinquante-et-un romans et près de quatre-vingt-dix nouvelles. Certains de ses romans sont universellement célèbres et leurs thèmes sont devenus des archétypes littéraires maintes fois utilisés, adaptés et cités dans la littérature et le cinéma (« La Machine à explorer le temps », « L'Ile du Docteur Moreau », « l'Homme invisible », « La Guerre des mondes », « Les Premiers Hommes dans la Lune » etc.).

Situer ces récits dans le cadre de la littérature de science-fiction constitue un léger anachronisme (assumé) : apparu isolément en 1853, le terme n'est popularisé qu'à la fin des années vingt, soit vingt-cinq ans après la parution de « The Country of the Blind ». A cette époque, ce genre littéraire, déjà clairement identifié, est appelé « scientific romance » en anglais et « merveilleux scientifique » en français.

Il semble utile de préciser rapidement ce point sous l'angle littéraire. La nouvelle que nous présentons ici (« The Country Of The Blind ») pourrait bien en effet, si elle était insérée dans le contexte d'un recueil plus généraliste, être un peu rapidement acceptée comme une œuvre de fiction ordinaire, dite « blanche ». Or elle fait bien partie de ce registre souvent ravalé à la catégorie méprisée de la littérature dite « de gare ».

Tout d'abord, elle obéit aux codes qui la rangent dans le domaine des récits « fantastiques » et en particulier au premier et plus essentiel d'entre eux : la construction d'une histoire autour des mots magiques : « what if… » (« que se passerait-il si… »). Il s'agit de faire reposer le cadre même de l'histoire ou la survenue d'un événement causal à la participation d'un ou plusieurs éléments (décors, personnages, événements, structures sociales, époque, outils de manipulation de l'environnement, enjeux etc.) n'appartenant pas à ce que nous avons l'habitude de considérer comme « le monde réel », ou du moins peu probable dans ce cadre. A l'intérieur du domaine « fantastique », la science-fiction, bien qu'elle-même englobe de nombreux genres, se démarque globalement par l'exigence de la meilleure plausibilité scientifique possible des éléments spéculatifs intervenant et de leur totale rationalité. Foin de fantômes, vampires et autres morts-vivants, la science-fiction s'identifie par la construction d'univers, de situation ou simplement de personnages fondamentalement fictifs, mais spéculativement possibles et rationnels.

Ainsi, The Country of the Blind repose sur l'analyse sociologique de l'évolution d'un peuple privé pour des raisons médicales du sens de la vue et isolé du monde par des causes géologiques. Une telle société n'existe pas, mais elle est rationnellement possible.

Dans un tel cadre, que se passe-t-il si on fait entrer un individu venu de notre monde ordinaire ? C'est là l'enjeux dramaturgique du récit. De la description de cet univers clos et de la confrontation avec l'intrusion d'un élément extérieur vont découler les éléments – habituels à une grosse partie de la production littéraire de science-fiction – symboliques, archétypaux, métaphoriques ou autre pouvant servir de base à une réflexion selon les cas philosophique, politique ou comme ici sociologique. La littérature de science-fiction prolonge en effet souvent l'ancienne tradition du conte philosophique par lequel, de Cyrano de Bergerac (« Histoire comique des États et Empires de la Lune » et « Histoire comique des États et Empires du Soleil ») à Stanley Kubrick (« 2001: A Space Odyssey ») en passant par Voltaire (« Micromégas »), Friedrich Nietzsche (« Also sprach Zarathustra »), George Orwell (« 1984 » ou « Animal Farm ») ou Philip K. Dick (« Do Androids Dream of Electric Sheep? », « Ubik » etc.), des centaines d'œuvres littéraires dites de « science-fiction » ne nous proposent un référentiel « fantastique » ou futuriste que pour mieux nous faire réfléchir sur notre propre monde.

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Catégorie : « Culture »

Présentation biographique : Philippe Claudel

2014

Philippe Claudel est né le 2 février 1962 dans une petite ville industrielle de Lorraine, dans un milieu modeste : son père, ancien résistant, était gardien de la paix et sa mère ouvrière en confection.

Il est bon élève, élève modèle même, pendant ses années de collège mais au lycée il adopte l'attitude du parfait adolescent rebelle. Il suit ses cours au lycée Bichat de Lunéville (à trente kilomètres de Nancy), en qualité d'interne, dans une filière scientifique dans l'espoir de devenir médecin mais, quelques mois avant le baccalauréat, il s'aperçoit qu'il fait fausse route et qu'en réalité les sciences humaines, la philosophie, l'histoire et la littérature l'intéressent bien plus.

Son premier diplôme d'études supérieures en poche, il arrête momentanément ses études pour « vivre » et « faire la fête » ; il multiplie alors les « petits boulots », devient chanteur dans le chœur d'un groupe punk, il participe à la création de deux radios libres, fait des débuts peu convaincants en tant que scénariste et acteur. Il tente également de se lancer dans l'écriture de poèmes. Il dessine, lit beaucoup.

A vingt-et-un ans, il rencontre une femme – celle qui deviendra sienne – et reprend ses études : d'abord les classes préparatoires en lettres puis un cursus de littérature à l'université de Nancy. Il en sort titulaire d'une agrégation de lettres modernes et est l'auteur d'une thèse sur André Hardellet.

Il enseigne alors le français en collège, en lycée, en hôpital auprès d'enfants malades, dans des institutions accueillant des enfants handicapés ainsi qu'en milieu pénitentiaire.

Pendant ces années, il voyage beaucoup, notamment vers l'Asie avec une prédilection pour l'Indonésie et le Vietnam (où il adopte sa fille) et pratique sa passion pour l'alpinisme de haut niveau. Pendant ses loisirs, il écrit, peint, lit, photographie. Il devient alors l'homme de lettres et de cinéma que nous connaissons.

Pour lui, exercer un métier afin de se dégager des soucis matériels est essentiel pour préserver sa liberté d'écrire. Cette activité d'enseignant lui permet en outre de garder une attache avec le monde réel et la jeunesse. Il mène donc plusieurs carrières de front comme Maître de conférences en littérature et anthropologie culturelle à l'université de Nancy – aujourd'hui université de Lorraine – où il enseigne entre autre l'écriture scénaristique au sein de l'IECA, cinéaste et écrivain.

Il est le réalisateur de plusieurs films dont « Il y a longtemps que je t'aime » en 2008, récompensé au Festival de Cannes par le César du meilleur film et du meilleur second rôle, « Tous les soleils » en 2011, « Avant l'hiver » en 2013.

En qualité d'écrivain, il a publié une trentaine de livres depuis 1999 – pièces de théâtre, poèmes, romans, récits, nouvelles – et a été récompensé pour plusieurs d'entre eux. Il reçut notamment le prix Erckmann-Chatrian en 1999 pour « Meuse l'Oubli », le prix Marcel Pagnol en 2000 pour « Quelques-uns des cent regrets », la bourse Goncourt en 2003 pour « Les Âmes grises », le prix européen Euregio en 2006 pour « La Petite Fille de Monsieur Linh » et en 2007, le prix Goncourt des lycéens pour « Le Rapport de Brodeck ».

Il est l'auteur de romans réalistes, profondément humains. Il déploie dans ces écrits un talent de styliste où il suggère plutôt qu'il n'évoque ; il y montre son goût des atmosphères provinciales et un amour des personnages qui se retrouvent sous le microscope de l'humaniste. Ces œuvres sont souvent qualifiées de dramatiques mais il se dit profondément optimiste. Il est traduit dans le monde entier. Il aime écrire des livres qui ramènent à la lecture des personnes qui ne lisaient pas ou plus.

Très attaché à sa région natale où il vit toujours, il consacre sa vie à son travail et à ses passions : lecture, musique, écriture, peinture, dégustation de bon vin mais aussi voyages et photographie.

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Catégorie : « Notice technique »

Notice d'installation d'une carte électronique appliquée à la domotique (clientèle professionnelle)

(étude et rédaction à partir des éléments techniques fournis en italien par le fabricant)

Société Proteco (Alba, Italie)

2009

Carte électronique Q 22

Description technique

Cette carte électronique est conçue pour commander une motorisation de porte basculante ou de portail coulissant équipée d’un moteur alimenté en 12 volts continu. Il est nécessaire d’y adjoindre une batterie que la carte maintiendra en charge.

La Q 22 peut convenir à des appareils équipés ou non de fins de courses.

Ses principales caractéristiques techniques sont les suivantes :

  • - Une phase de ralentissement est prévue en fin de course. La régler de telle sorte que le portail commence à ralentir à environ cinquante centimètres de sa butée.
  • - Le réglage de l’arrêt du moteur s’obtient en agissant sur le potentiomètre correspondant en fonction de la résistance mécanique du portail.
  • - L’intervention de l’arrêt ampèrométrique durant la phase de déplacement rapide en ouverture provoque l’arrêt du portail. La même intervention durant la fermeture provoque l’arrêt suivi d’une inversion du sens de déplacement. Pendant la phase de ralentissement, l’intervention de l’arrêt ampèrométrique agit comme une fin de course.
  • - La carte fournit au clignotant un cycle plus rapide pendant la fermeture que pendant l’ouverture.
  • - La carte est protégée contre une éventuelle inversion de polarité lors du raccordement de la batterie.
  • - La carte prend en charge le ralentissement du portail à chaque arrêt en lui assurant un freinage progressif. Cette caractéristique permet de réduire l’usure des engrenages.

Programmation :

• Mode pas à pas : placer les micro-contacts 1 et 2 sur la position OFF.

  • - A la première commande de démarrage (start), le portail s’ouvre. En fin de parcours, le portail s’arrête et attend une nouvelle commande identique pour se refermer.
  • - Toute commande « start » intervenant pendant l’ouverture ou la fermeture entraîne l’arrêt du portail.
  • - La commande « stop » interrompt tout fonctionnement.
  • - L’interruption du faisceau des cellules photo-électriques durant la phase de fermeture déclenche l’arrêt du portail suivi de sa réouverture.
  • - Pendant l’ouverture, les cellules photo-électriques sont inactives.

• Mode semi-automatique : micro-contact 1 sur ON et 2 sur OFF.

  • - A la première commande de démarrage (start), le portail s’ouvre. Sa course terminée, il se referme automatiquement après le temps de pause.
  • - Si le faisceau des cellules photo-électriques est interrompu et tant qu’il le demeure, la pause se maintient.
  • - Les commandes « start », « stop » ou en provenance des cellules photo-électriques pendant le cycle agissent de la même manière qu’en mode pas à pas

Caractéristiques techniques :

Tension et puissance de sortie : 13,5 V continu / 5 ampères.

Capacité batterie : 12 V continu / 6 Ah

Alimentation pour accessoires extérieurs : 13,5 V

Caractéristiques clignotant : 2 V continu / 15 W maxi.

Caractéristiques contacts relais : 12 V continu / 45 ampères.

Alimentation récepteur radio : 13,5 V continu / 2 W maxi.

Plage de réglage de l’arrêt ampèrométrique : 0 à 9 ampères.

Plage de réglage du temps de pause : 2 à 100 secondes.

Plage de réglage du temps de travail : 7 à 35 secondes.

Temps de sécurité : 70 secondes (fixe).

Rédactionnel

Catégorie : « Philosophie »

Essay: Over The Rainbow, And Beyond...

Originally produced in English; untranslated so far.

A short survey of the greatest contemporary challenge to human mind

2013

Let us imagine a large and bright rainbow. Thousands of people all together can witness such a stunning, glorious, magnificent object that our forefathers would have fallen to their knees before what might be a door to the other world or at the very least an obvious sign of the deity. Yet, that supposedly heavenly event merely and strictly does not exist at all in the real world as we currently conceive or define it, except as a mere picture drawn inside the occipital lobe of our cerebral cortex. It has only taken tiny drops of water diffracting sun light particles and separating them in colored rays according to their frequencies to make our mind believe that some huge, beautiful and possibly metaphysical object was actually standing there, right in front of us.

Not only the rainbow but the whole world, the entire universe, or in other words what we are used to call reality, is only known to us through our senses. These efficient little devices send electromagnetic informations to our brain from the vibrations (or the chemical or mechanical stimulations) they receive. Fed with these informations, our cortex creates images, visual images for most of us, shaped ones for those who are deprived of the sight. And that cortex, which also happens to be the refuge of our imagination, constructs a whole world (which includes our material self) we assume to be the true and only one. Truth is we do not stand inside such a world. On the contrary, we create it inside us. Including such big things as magnificent rainbows, which suggests our mind can be easily deluded.

Twenty-five centuries ago, ancient Greeks were already questioning the veracity of “reality”. From Democritus and Aristotle to modern times thinkers, not forgetting Descartes, Heidegger and so many others, philosophers have thought over such matters as determinism and ontology and worked out various ways of redefining our relation to what is outside of the only certain being which is I who is asking the question. Plato, in his Republic, imagined the famous Allegory of the Cave (which he attributed to Socrates) to show that reality is no more than a construction of the mind determined by the way it has been educated, as it reacts to various stimuli. In the first decades of the twentieth century, through quantum mechanics, modern western science have justified such questioning. In March 2013, the CERN in Geneva confirmed their emphasis in July 2012 of the “Higgs” boson, an elusive particle whose existence had been calculated fifty years earlier by physicist Peter Higgs. This fundamental discovery (which earned the team the Nobel Prize) confirmed the validity of the so-called “Standard Model” theory which rested on its existence.

This Standard Model describes most of how basically everything works, and it includes, among others, quantum mechanics. There is definitively more to reality than what meets the eyes and no, the way the world evolves is not predetermined. This enormous amount of work called quantum mechanics has been verified by concrete technological application for almost a century and its implications are constantly used by engineers to conceive commonplace items such as computers, magnetic resonance imaging equipments, micro-chips, lasers or plain USB drives. It cannot exactly be reduced to some mad scientist's sheer lunacy. Yet it implies, to say it grossly, that most of what we take for granted as our ordinary reality is in no way more real than the rainbow was.

(…)

Rédactionnel

Catégorie : « Commercial »

Dossier de presse de l'entreprise (à l'attention des centrales d'achat des « GSB », distributeurs grand public)

(étude, argumentaire, rédaction à partir des éléments fournis par le fabricant)

Société Proteco France (Nîmes)

2010

Proteco : une entreprise à taille humaine pour un marché d’envergure internationale.

L’automatisation des accès domestiques profite pleinement du boom de la domotique. D’autant que, dans le sillage des Etats-Unis, ces appareils, initialement conçus comme de simples outils de confort, se prennent à entrer dans la panoplie des accessoires de sécurité : la pratique en cours de développement outre-atlantique de l’agression des automobilistes au moment où ils quittent leur voiture pour ouvrir leur portail (ce qui donne à l’agresseur accès à la fois au domicile de la victime et à son véhicule pour repartir…) s’implanterait, dit-on, heureusement lentement, en Europe. La vague actuelle de sentiment d’insécurité, amplifiée par la crise économique et de récentes campagnes électorales, monte en épingle un phénomène statistiquement encore très marginal.

Du coup, la possibilité d’entrer chez soi sans descendre de voiture – et sans même en déverrouiller les portes –, à tort ou à raison, rassure. Au confort indéniable s’ajoute donc le critère sécuritaire qui a le mérite de déculpabiliser le client au moment de la décision d’achat !

Les fabricants d’automatismes les plus dynamiques développent des systèmes intégrables dans une installation domotique plus large, travaillant les compatibilités et les chaînes d’asservissement. En France, en ce qui concerne le matériel destiné aux professionnel, ce marché est tenu par quelques grosses entreprises généralement compétentes et le plus souvent italiennes, dont les tarifs, souvent encore très élevés, ont du mal à résister devant l’arrivée massive de produits fabriqués à bas coût en Asie et la pression de plus en plus forte exercée par la grande distribution. Celle-ci s’est lancée depuis longtemps sur ce créneau, proposant pour les produits les plus simples (automatismes, alarmes) des appareils certes un peu moins sophistiqués mais d’un coût et d’une facilité de mise en œuvre imbattables.

Basée depuis tente-deux ans dans les vignobles du Piémont italien, Proteco a choisi un pari osé : se maintenir sur ce marché en bon milieu de gamme en proposant des appareils simples et fiables, garantis trois ans et d’un rapport qualité / prix très favorable. La recette n’est pas compliquée ; elle tient en quatre points :

- Un dimensionnement optimisé du produit à sa destination réelle. La plus grande part du marché est constituée de résidences individuelles dont les portails, réalisés aujourd’hui pour l’essentiel en matériaux modernes légers (PVC, aluminium, tubes d’acier creux), ne pèsent plus que quelques dizaines de kilos : à quoi bon alors continuer à proposer des appareils capables d’ouvrir des portes d’une tonne, au risque de déformer ou endommager ces portails fragiles et très souples ? Des systèmes moins puissants conviennent souvent mieux et génèrent, à niveau de qualité égal, des coûts de production inférieurs.

- Un dimensionnement de l’entreprise mieux adapté aux réalités du temps. Bien que présente sur le marché international dans une quarantaine de pays, Proteco a su conserver en interne la structure réduite de l’entreprise familiale qu’elle n’a jamais cessé d’être. Une trentaine de personnes en tout se répartit entre le siège italien et la filiale française, dirigées encore maintenant par son fondateur, concepteur de la plupart des modèles que la société diffuse, G.-C. P., assurant à la fois la conception, l’essentiel de la production et la diffusion. Des sous-traitants viennent compléter la production et des accessoiristes fournissent certains éléments annexes. Les coûts structurels et fonctionnels sont considérablement réduits.

- S’appuyer sur les savoir-faire anciens pour viser les technologies du futur. La conception des appareils produits par Proteco repose sur des moteurs et des principes développés par G.-C. P. et son équipe il y a trente ans et affinés, optimisés année après année au fur et à mesure de l’évolution des produits finis, du parc existant et des marchés. Et dans le même temps, le service développement travaille. Les électroniques évoluent, intégrant les nouvelles technologies. Là, le pari consiste à rendre les systèmes de plus en plus communicants et compatibles avec les techniques les plus en pointes (aujourd’hui l’informatique et on songe déjà à des systèmes pouvant être reprogrammés à distance par smartphone ou l’Internet !) tout en pouvant être mis en œuvre par un particulier à qui personne ne demande évidemment d’être informaticien !

- Proposer une gamme adaptée pour couvrir le plus grand nombre de cas possible. Une dizaine de modèles d’appareils favorisent une adaptation plus pointue aux particularités de chaque site. De la porte cochère pleine en chêne au portail coulissant en PVC, du portail asymétrique qui s’ouvre vers l’extérieur au grand vantail unique de cinq mètres, s’adapter aux exigences du parc existant n’est pas de tout repos ! On ne peut quand même pas demander aux clients de changer de portail pour pouvoir le motoriser !

Toutefois, quatre à cinq modèles de base suffisent à couvrir 80 % des cas. Le reste se travaille donc à la contremarque (c’est à dire sur commande spéciale) : inutile en effet d’encombrer les stocks et les linéaires avec des produits de diffusion confidentielle. L’essentiel est que l’utilisateur terminal sache, grâce à une information claire sur la surface de vente, que l’appareil qui convient à son cas particulier existe et sera disponible sous quelques jours.

Rédactionnel

Catégorie : « Technico-commercial »

Fiche de présentation d'un nouvel appareil électromécanique appliqué à la domotique (clientèle professionnelle spécialisée)

(étude, argumentaire, rédaction à partir des éléments techniques fournis en italien par le fabricant)

Société Proteco (Alba, Italie)

2010

Nouveauté

Le W* : une “révolution”

Proteco invente la roue !

(...)

Le corps moteur monobloc compact en fonte d’aluminium injectée sous pression abrite à la fois le moteur (230 volts, 230 watts, 900 tours / minute) et la réduction mécanique par pignonnerie bronze en bain de graisse (1 / 18). Capable de travailler dans des environnements allant de – 35 à + 80 degrés centigrades, il est équipé d’une protection thermique à 135°. Sa capacité de prise en charge, variable selon l’adhérence du sol (rugosité, cohérence, drainage) peut être fixée au minimum à 150 kg par unité, ce qui couvre l’essentiel de la production actuelle.

Lesté par une lourde gueuse en acier zingué, c’est tout simplement son poids (7 kg par moteur) qui le plaque au sol. L’appareil coulisse le long d’un rail vertical fixé au portail. Cette liberté de mouvement lui permet d’aborder des côtes à 12 degrés pour un débattement vertical total de 20 cm. Son capotage ABS noir et l’élégance de son design lui permettent une intégration discrète sur la plupart des portails anciens ou modernes.

Particularité mécanique étonnante : le W* est le premier (et actuellement le seul) appareil de motorisation de portails qui adapte naturellement (et de la manière la plus simple qui se puisse imaginer) sa puissance à l’effort nécessité pour entraîner les vantaux en proportion de leur longueur, et donc de leur surface de prise au vent. En effet, sa vitesse et sa puissance nominale étant constantes, plus il sera placé loin des gonds, plus il lui faudra de tours de roue pour parcourir le chemin nécessaire à l’ouverture complète du portail. Donc, par un simple effet de géométrie, plus le vantail est long, plus la puissance de l’appareil appliquée au vantail pour parcourir un angle déterminé sera démultipliée et importante, sans que l'effort appliqué au sol, et donc son adhérence, ne varient pour autant. Et ce de manière directement proportionnelle à la longueur des vantaux !

De plus, la position du moteur à l’extrémité du vantail assure une excellente prise en charge de ce dernier, bien meilleure qu’avec un système traditionnel dont l’effort s’applique, au mieux, à un mètre des piliers. Enfin, rien n’interdit d’installer les moteurs non pas à l’extrémité mais à un endroit quelconque de la longueur des vantaux, ce qui permet de choisir la position la mieux adaptée, c’est à dire celle où la démultiplication de la puissance du moteur correspondra le mieux à l’effort exigé par les caractéristiques du portail et du site (voilure et exposition au vent, poids) mais également aux préférences de l’utilisateur (vitesse d’ouverture, esthétique).

Sur le plan de la diffusion commerciale, le concept de motorisation à roues motrices, pourvu qu’il soit développé de manière qualitativement fiable, est donc, dans le domaine du portail domestique, le seul actuellement existant sur le marché qui puisse prétendre à :

• un champs d’applications quasiment universel, y compris sur la plupart des portails jusque là réputés non motorisables (trop souples, trop fragiles, équipés de piliers trop étroits, mal scellés, plaqués à l'ouverture contre un mur perpendiculaire etc.),

• une réelle facilité de pose,

• un risque de détérioration du portail et des piliers, mêmes (raisonnablement) souples ou fragiles quasiment inexistant.

Présenté en kits très complets, le W* est systématiquement équipé d’une carte de gestion exceptionnelle qui autorise une ouverture asymétrique des vantaux et un réglage fin indépendant droite / gauche du temps de travail et de la force appliquée. Grâce à deux larges afficheurs lumineux et d’une interface conviviale, l’installateur bénéficie d’une grande facilité et d’une impressionnante précision des réglages : un bouton permet de circuler dans un menu, un autre permet de sélectionner les fonctions à régler, les deux derniers servent à augmenter ou diminuer les valeurs. La carte est pré-programmée d’usine avec des valeurs standards. Elle peut donc fonctionner en mode "plug’n’play" mais toutes les valeurs peuvent être modifiées en fonction des caractéristiques du site et au gré de l’utilisateur.

Grâce à une mémoire spécifique, en cas d’interruption en cours de cycle, elle reprend son travail au point précis où il a été interrompu. Bien au-delà d’une carte conventionnelle, c’est un véritable mini-ordinateur pourvu d’une interface très accessible et très performante !

L’évolution future de ce matériel prévoit son intégration dans un univers d’interopérabilité domotique et sa connexion directe par GSM aux services techniques du fabricant pour télé-diagnostic et reprogrammation. Ces développements ultérieurs sont à l’étude et des prototypes déjà sur banc d’essai !